Le ministre gabonais des Affaires étrangères, Régis Onanga Ndiaye, a convoqué en urgence, ce mercredi, le Consul honoraire du Bénin au Gabon, Dr Yessoufou Maroya. Selon les médias locaux, cette rencontre visait à exprimer l’indignation des autorités gabonaises face à une série de propos jugés irrespectueux et injurieux à l’encontre du président Brice Oligui Nguema, diffusés par des ressortissants béninois sur les réseaux sociaux.
Lors de cet échange, marqué par une absence de courtoisie diplomatique, le chef de la diplomatie gabonaise aurait fermement demandé au représentant béninois de transmettre à Cotonou le mécontentement de Libreville. Le Gabon reproche au gouvernement béninois son silence face à ces attaques verbales, qu’il considère comme une atteinte à la dignité de ses institutions.
Libreville estime que les autorités béninoises devraient adopter une posture plus ferme, à l’image des mesures prises au Gabon contre les auteurs de discours haineux. L’influenceur Samy Boucalt, qui avait appelé à la fermeture des commerces béninois en représailles aux tensions verbales entre citoyens des deux pays, a été interpellé. De même, l’activiste Tata Bertille, qui avait dénoncé une prétendue préférence accordée aux commerçants béninois dans l’attribution des emplacements d’un nouveau marché à Lambaréné, a été arrêtée, placée en garde à vue et contrainte de retirer sa vidéo à caractère xénophobe.
Le ministre Onanga Ndiaye déplore l’absence de réciprocité dans la gestion de ces incidents. Il avertit que le silence de Cotonou pourrait contribuer à une détérioration des relations bilatérales et à une montée des tensions entre les populations.
À l’origine de cette crispation, une décision prise en Conseil des ministres gabonais le 12 août 2025, visant à restreindre l’accès de certains métiers aux étrangers, dans le cadre d’une politique de lutte contre le chômage des jeunes. Cette mesure a été perçue par une partie de la communauté béninoise installée à Libreville comme une stigmatisation, entraînant une vague de réactions virulentes sur les réseaux sociaux.
Face à cette situation, le gouvernement béninois a réagi dans la soirée par la publication d’un communiqué appelant au calme. Il a également mis en garde les auteurs de propos haineux et d’invectives à l’encontre des autorités gabonaises, réaffirmant son attachement au respect mutuel et à la coopération entre les deux États.
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