Au Tchad, les députés et sénateurs réunis en congrès ce vendredi 3 octobre ont adopté à une écrasante majorité le projet de révision constitutionnelle présenté par le Mouvement Patriotique du Salut (MPS), parti au pouvoir. Ce nouveau texte modifie en profondeur l’architecture institutionnelle du pays, notamment en allongeant la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans, désormais renouvelable sans limite.
Sur les 257 parlementaires convoqués, 236 ont voté en faveur du projet, trois se sont abstenus, et aucun n’a exprimé d’opposition. Les élus de l’opposition ont quitté l’hémicycle avant le vote, dénonçant une procédure qu’ils jugent biaisée et antidémocratique.
La réforme, qualifiée de « technique » par la majorité, supprime la clause de limitation des mandats présidentiels, ouvrant ainsi la voie à une présidence potentiellement illimitée pour le général Mahamat Idriss Déby Itno. Ce dernier dirige le pays depuis avril 2021, à la suite du décès de son père, le maréchal Idriss Déby Itno, tué au front.
Élu en 2024, Mahamat Idriss Déby consolide ainsi son pouvoir à travers cette révision constitutionnelle, que l’opposition qualifie de « coup de force institutionnel ». L’ancien Premier ministre Albert Pahimi Padacké a dénoncé une réforme « inconstitutionnelle et autoritaire », estimant qu’elle compromet les principes de l’alternance démocratique.
Les champs obligatoires sont indiqués avec *