Pluies à Cotonou : quand la mobilité devient une épreuve
Cotonou, en pleine saison des pluies, se transforme en un véritable parcours du combattant pour les citoyens ordinaires. Ce qui devrait être un simple déplacement devient une épreuve de patience, de négociation, et parfois d’humiliation.
Zémidjans : entre refus de courses et tarifs imposés
Il suffit que les nuages s’assombrissent pour que les comportements changent. Les conducteurs de taxi-moto, communément appelés zémidjans, deviennent sélectifs, voire inaccessibles. Certains refusent catégoriquement de se rendre dans des zones jugées « inondées » ou « risquées ». D’autres imposent des tarifs exorbitants, sans discussion possible. Et lorsque l’usager ose refuser, il est tout simplement ignoré, abandonné sous la pluie.
On les appelle, ils s’arrêtent, demandent un prix démesuré, et si on refuse, ils repartent sans un mot. » témoigne une usagère à Akpakpa.
Conducteurs de voiture : vitesse et mépris
Comme si cela ne suffisait pas, les automobilistes ajoutent à la détresse. Dans leur empressement à éviter les embouteillages ou les flaques, certains n’hésitent pas à projeter de l’eau sale sur les piétons. Des visages trempés, des yeux brûlés par l’eau stagnante, des vêtements souillés — voilà le quotidien de ceux qui n’ont pas de véhicule.
On marche prudemment, et soudain une voiture passe à vive allure, nous jette l’eau au visage. C’est humiliant. » confie un jeune étudiant.
🚦 Dépassements impossibles, embouteillages interminables
Les routes deviennent impraticables. Les dépassements sont rares, les bouchons s’étendent, et les plus vulnérables — femmes, enfants, personnes âgées — restent bloqués, parfois pendant des heures.
Appel aux autorités : il est temps d’agir
Face à cette situation récurrente, il est urgent que les autorités prennent leurs responsabilités.
À la Police Républicaine : intensifier les contrôles et verbaliser les comportements dangereux et irrespectueux, notamment les jets d’eau sur les piétons et les excès de vitesse en zone urbaine.
Au CNSR (Centre National de Sécurité Routière) : harmoniser les tarifs des zémidjans en période de pluie et sensibiliser à la conduite responsable.
Au Préfet du Littoral : initier une concertation avec les syndicats de zémidjans pour encadrer les pratiques abusives et garantir un minimum de service public en temps de pluie.
Appel à l’indulgence et à la solidarité
Les zémidjans sont aussi des travailleurs exposés. Mais leur rôle est essentiel. En période de pluie, leur indulgence et leur sens du service peuvent faire la différence. Refuser une course, imposer un tarif injuste, c’est ajouter à la souffrance d’un citoyen déjà éprouvé.
« La pluie ne doit pas être une excuse pour l’abandon. Elle doit être un appel à la solidarité. »
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