Ressortissants de l’AES : étrangers sur le continent africain ?
Alors que l’Alliance des États du Sahel (AES), réunissant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, façonne une nouvelle dynamique régionale, une question cruciale refait surface : leurs ressortissants sont-ils désormais perçus comme étrangers ailleurs sur le continent ? Entre diplomatie crispée, intégration régionale en mutation et réalités humaines, le débat s’intensifie.
Introduction : Depuis le retrait de ces trois pays de la CEDEAO, un flou juridique et identitaire semble s’installer quant au statut de leurs ressortissants dans les autres pays membres. Si certains gouvernements africains affirment maintenir l’accueil et la liberté de circulation, sur le terrain, les témoignages d’obstacles administratifs et de discriminations se multiplient.
I – Une rupture régionale aux répercussions concrètes Le départ du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO n’est pas sans conséquences. Outre les sanctions économiques levées récemment, les citoyens de ces pays se retrouvent confrontés à une nouvelle réalité : ralentissement des procédures douanières, refus de reconnaissance de diplômes, et parfois même suspicion dans l’accès aux services publics.
II – Réalité du terrain : la frontière invisible « On nous regarde différemment désormais, comme si on n'était plus vraiment africains », confie Oumar, un étudiant nigérien vivant à Lomé. Des témoignages comme le sien se multiplient, évoquant interrogatoires renforcés à l’aéroport, difficultés de renouvellement de titres de séjour, voire brimades verbales.
III – Une appartenance africaine à réinventer ? Face à ces signaux d’exclusion, plusieurs voix s’élèvent : des intellectuels, leaders religieux et organisations de la société civile rappellent que l’unité africaine ne saurait se réduire à des considérations politiques ponctuelles. L’histoire, les solidarités culturelles et l’interdépendance économique plaident pour un traitement digne et fraternel de tous les Africains, où qu’ils soient.
La crise actuelle révèle une tension entre ambitions panafricaines et réalités institutionnelles. Les ressortissants de l’AES, aujourd’hui à la croisée des chemins, nous rappellent que derrière les acronymes et les diplomaties, il y a des vies humaines, des parcours et une quête de dignité que nul traité ne devrait effacer.
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