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Recours constitutionnel contre la candidature présidentielle : vers une clarification du principe d’autonomie fonctionnelle au Cameroun

Par LTC Admin - 22/08/2025
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À deux mois du scrutin présidentiel, le Cameroun est secoué par une requête qui pourrait marquer un tournant dans son histoire politique. Me Akere Muna, avocat et candidat du parti Univers, a saisi le Conseil constitutionnel pour contester la candidature du président sortant, Paul Biya, âgé de 92 ans et au pouvoir depuis plus de quarante ans. Dans sa requête, Me Muna invoque l’article 118 de la Loi électorale, qui rend inéligible toute personne placée, de son propre fait, dans une situation de dépendance incompatible avec l’exercice autonome du pouvoir. Il affirme que les apparitions publiques du chef de l’État sont désormais « chorégraphiées » pour dissimuler une dépendance physique et cognitive manifeste. Selon lui, le président ne gouverne plus : il règne par procuration, porté par un entourage qui orchestre une gouvernance de l’ombre.


Le recours, soutenu par une dizaine de pièces justificatives, met en lumière les absences prolongées du président (notamment 42 jours consécutifs à l’étranger en 2024), l’inactivité des organes statutaires du RDPC depuis plus d’une décennie, et l’absence de présidence effective du Conseil Supérieur de la Magistrature depuis six ans. Autant de signes, selon Me Muna, d’un pouvoir verrouillé, déconnecté du peuple et de ses institutions. Cette démarche, saluée par certains comme un acte de courage civique, est aussi perçue comme un cri d’alarme : le Cameroun ne peut continuer à ternir son image internationale en tolérant des pratiques qui relèvent d’une monarchie déguisée. Le pays mérite une gouvernance transparente, incarnée par des dirigeants capables d’assumer pleinement leurs fonctions.


Le Conseil constitutionnel, souvent critiqué pour sa proximité avec le pouvoir, est attendu ce vendredi 22 août pour statuer sur cette requête. Quelle que soit l’issue, l’acte posé par Me Akere Muna aura ouvert un débat essentiel sur la responsabilité, la dignité et l’avenir démocratique du Cameroun.

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