Le parti Les Démocrates (LD) poursuit les discussions pour désigner son candidat à l’élection présidentielle de 2026 au Bénin. Une réunion stratégique s’est tenue le jeudi 18 septembre 2025 au domicile de l’ancien président Boni Yayi, leader du parti, à Cotonou. De 17h à 22h, les cadres du parti ont débattu de plusieurs points sensibles, dont la possibilité d’exclure les députés de la course à l’investiture.
Au cœur des échanges : les exigences légales en matière de parrainage. La loi impose à tout candidat de recueillir un minimum de 15 % de parrainages issus des maires et/ou députés, répartis sur au moins trois cinquièmes des circonscriptions électorales. Le parti LD dispose du nombre requis de parrains, mais une incertitude juridique subsiste : un député ou maire peut-il se parrainer lui-même s’il est candidat ? La Commission électorale nationale autonome (CENA) a répondu par l’affirmative, mais cette interprétation ne rassure pas les responsables du parti, échaudés par leur exclusion de la présidentielle de 2021 pour défaut de parrainage.
Selon des sources proches de la réunion, le débat sur la candidature des députés a été intense mais n’a débouché sur aucune décision ferme. « C’était houleux mais on n’a pas tranché », confie un participant à Banouto.
Une éventuelle mise à l’écart des députés affecterait directement plusieurs figures du parti, notamment Éric Houndété, Nourénou Atchadé et Kamel Ouassangari, tous porteurs d’ambitions présidentielles.
Parallèlement, le parti cherche à constituer un ticket capable de rivaliser avec Romuald Wadagni, actuel ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, désigné par le camp présidentiel pour succéder à Patrice Talon en 2026. La candidature de Wadagni bénéficie d’un soutien croissant, y compris dans les rangs de LD. Le député Basile Ahossi, vice-président du parti, lui a récemment exprimé son appui dans une lettre officielle.
Boni Yayi, qui avait cédé le pouvoir à Patrice Talon en 2016 après l’échec de Lionel Zinsou, affirme que son parti est désormais prêt à gouverner. Reste à identifier le bon duo de candidats et à mobiliser l’adhésion populaire — un défi de taille dans un paysage politique en recomposition.
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