Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a lancé un appel symbolique fort en faveur d’une relecture du vocabulaire historique hérité de la colonisation. Lors d’une cérémonie officielle, il a proposé que l’appellation « tirailleurs sénégalais » soit remplacée par « tirailleurs africains », estimant que cette terminologie serait plus fidèle à la réalité historique et plus respectueuse de la mémoire collective du continent.
Selon Sonko, le terme « sénégalais » réduit injustement l’engagement militaire de milliers d’hommes originaires de plusieurs pays africains ayant combattu sous le drapeau français durant les deux guerres mondiales et d’autres conflits coloniaux. Il a souligné que des soldats venus du Mali, du Burkina Faso, du Togo, du Bénin, du Niger, du Tchad et d’autres territoires ont été enrôlés dans ces bataillons, souvent sans reconnaissance équitable.
« Il est temps de rompre avec les récits tronqués et les symboles qui perpétuent une vision coloniale de notre histoire », a déclaré Sonko, appelant à une réforme des manuels scolaires, des musées et des discours officiels pour intégrer cette nouvelle appellation.
Cette proposition s’inscrit dans une dynamique plus large de réappropriation mémorielle et de refondation symbolique, portée par le gouvernement sénégalais depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye. Elle pourrait également nourrir les réflexions dans d’autres pays africains engagés dans des processus similaires de décolonisation culturelle.
Le débat est lancé : entre mémoire nationale et reconnaissance continentale, le Sénégal ouvre une voie vers une histoire partagée, débarrassée des filtres coloniaux.
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