Guinée : un mandat présidentiel prolongé et des ambitions controversées dans le projet de nouvelle Constitution.
Le Conseil national de la transition (CNT) a adopté, le 26 juin dernier, un projet de nouvelle Constitution marquant un tournant décisif dans l’histoire institutionnelle de la Guinée. Lors d’une conférence de presse tenue dimanche à Conakry, son président, Dansa Kourouma, a présenté plusieurs articulations majeures de ce texte, suscitant à la fois espoirs et vives inquiétudes.Au cœur des annonces, figure la modification du mandat présidentiel, désormais fixé à sept ans, renouvelable une seule fois. Une réforme qui soulève déjà des débats sur ses implications démocratiques, dans un contexte où le retour à l’ordre constitutionnel demeure une revendication centrale depuis le coup d’État de septembre 2021.Doumbouya vers la présidentielle
Autre point saillant : la confirmation que le général Mamadi Doumbouya, actuel chef de la transition, pourra légalement se porter candidat à la prochaine élection présidentielle. Une évolution en rupture avec les engagements initiaux de la charte de transition, qui stipulait son inéligibilité. Cette volte-face institutionnelle ravive les soupçons d’une volonté de conservation du pouvoir au sommet de l’État.La future Constitution prévoit également la création d’un Sénat, introduisant ainsi un bicaméralisme inédit dans la structure politique du pays. Néanmoins, le contenu complet du texte constitutionnel reste, pour l’heure, confidentiel, en attendant le feu vert du chef de l’État pour sa publication officielle.
Entre espoirs institutionnels et craintes démocratiques
Dans les rangs de l’opposition et de la société civile, les réactions ne se sont pas fait attendre. De nombreuses voix s’élèvent contre ce qu’elles perçoivent comme une manœuvre de consolidation du pouvoir du général Doumbouya, au détriment de l’esprit de la transition. Le prolongement du mandat et l’éligibilité du chef de la junte soulèvent des questions fondamentales sur la sincérité du processus de refondation engagé depuis bientôt quatre ans.Alors que la Guinée amorce ce tournant constitutionnel, la transparence et l’inclusivité du débat public apparaissent plus que jamais indispensables pour assurer une sortie de transition légitime et apaisée
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