Cotonou à sec : les robinets muets depuis trois jours
Depuis 72 heures, plusieurs quartiers de Cotonou et ses environs sont privés d’eau courante, malgré une annonce officielle de la Société nationale des eaux du Bénin (SONEB) prévoyant une interruption limitée à 24 heures — du vendredi 3 octobre à 21h au samedi 4 octobre à 17h. Cette coupure devait accompagner les travaux de raccordement des nouveaux ouvrages de stockage à l’usine de Godomey, censés améliorer la qualité du service.
Mais sur le terrain, les robinets restent désespérément secs. Aucune communication officielle n’a été faite pour expliquer cette prolongation inattendue, laissant les populations dans une totale incompréhension.
Quartiers paralysés, populations en détresse
Dans les zones concernées — notamment Godomey, Womey, Cocotomey, Agla, Fidjrossè, Ste-Rita, Vèdoko, Dèkoungbé, Houéyiho, Gbèdjromèdé et bien d’autres — le quotidien est devenu une course à l’eau. Femmes et enfants, bassines sur la tête, hommes armés de seaux, arpentent les rues à la recherche d’un point d’approvisionnement. Les files s’allongent, la fatigue se lit sur les visages, et la colère monte doucement.
Cette pénurie prolongée survient dans un contexte paradoxal : le gouvernement béninois, sous l’impulsion du président Patrice Talon, a fait de l’accès à l’eau potable un axe majeur de son programme social. De nombreuses infrastructures hydrauliques ont été inaugurées ces dernières années, traduisant une volonté manifeste d’améliorer la desserte en eau
Une crise qui interroge la gouvernance
Face à cette situation, les citoyens s’interrogent. Comment une coupure annoncée de 24 heures peut-elle se prolonger sans explication ? Et comment une telle crise peut-elle survenir dans un pays qui affiche des progrès en matière d’infrastructures hydrauliques ?
Au-delà de la gêne quotidienne, cette panne prolongée risque d’écorner l’image de performance et de proximité que le gouvernement cherche à construire auprès des populations. L’attente d’un retour à la normale s’accompagne désormais d’une exigence : des explications claires, des mesures correctives, et surtout des garanties pour éviter que de telles situations ne se reproduisent.
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